Aujourd’hui, j’ai eu mal au cul et au cœur, comme disait Jacques.
Aujourd’hui j’étais en Turquie, dans le cadre de mon travail, le vrai, pas celui consistant à écrire des conneries ici et là pour mon plaisir et votre joie. Je rencontrais des partenaires locaux, une PME comme la mienne, et j’ai déjeuné avec la patronne de ladite boîte, a priori pas spécialement trotskiste.
Et c’est sorti tout seul de sa bouche, elle avait besoin d’en parler. Sans savoir qui j’étais, quelles étaient mes opinions, elle m’a parlé de Sarkozy. Elle m’a dit qu’il était raciste. Presque fasciste. Je suis de ceux qui malgré tout récusent ce dernier mot. Mais c’était tellement viscéral, on sentait que ça lui faisait mal et qu’il fallait que ça sorte, alors que ce n’était pas du tout un cadre approprié à une telle conversation, que je l’ai entendue comme une critique légitime, pour elle.
Et surtout, elle m’a demandé comment la France, ce pays merveilleux, épris de liberté et d’égalité, avait pu élire cet individu qui la terrifie tant, qui lui semble l’exact opposé des valeurs qu’elle associe à notre pays.
C’est la première fois que je suis confronté de façon aussi directe aux dégâts que subit l’image de la France à l’étranger, sous la présidence Sarkozy, phénomène dont on entend parler régulièrement dans les médias mais qui restait très théorique pour moi. Là je l’ai vu en face. Et ça m’a fait mal au cul, oui. Parce que malgré tout, oui, je l’aime ce pays qui est le mien et où je suis content d’être né et d’avoir grandi, dont je suis content d’avoir reçu l’éducation.
Et puis j’ai eu très mal au cœur, mais ça c’est une autre histoire.